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LE TRAVAIL DES ENFANTS La plupart des associations faisant partie du REPER
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Des points de vue différents
Le travail des enfants est considéré de différentes façons selon les cultures et les traditions des pays. En Occident, on pense que la pauvreté est à la fois la conséquence et la cause du travail des enfants. Une famille pauvre n’a pas les moyens d’envoyer ses enfants à l’école pour qu’ils y reçoivent une formation de qualité. Obligés de travailler pour survivre, la pauvreté les maintient dans l’ignorance. Du coup leur avenir est compromis, c’est un cercle vicieux. Du point de vue de la culture occidentale, le travail des enfants est perçu comme une fatalité dramatique. Il ne faut pas oublier que la première législation internationale réclamant l’abolition du travail infantile n’a guère plus de 20 ans d’âge. Elle est très marquée par la culpabilité des sociétés occidentales qui ont employé des milliers d’enfants dans les mines ou dans les usines lors de l’essor industriel du XIXème siècle. Les enfants qui travaillent sont, en Occident, des objets de compassion. Cependant, dans d’autres parties défavorisées du monde, on fait une analyse différente du travail des enfants. Par exemple, lors d’une interview, un adolescent de Cusco déclare : "Nous travaillons dès l’enfance, pour apprendre quelque chose, apprendre une certaine expérience de la vie, apprendre l’ordre, apprendre à travailler, apprendre à juger, ..." De plus, la plupart des observateurs ont remarqué que les enfants et les adolescents ne font pas qu’assurer leur survie en travaillant mais que tous cherchent, par leur travail, à vivre avec dignité et à démontrer leur utilité sociale. Ce qui précède ne signifie pas que l’on méconnaisse les risques ou les abus potentiels du travail infantile : horaires insoutenables, charges trop lourdes, rémunération inappropriée, exposition à des risques pour leur santé, etc.. Mais si ces risques sont évités, et il faut y veiller, l'obtention d'un emploi par un enfant peut lui faire acquérir une nouvelle importance et une responsabilité économique dans sa famille et son entourage. Il ne s’agit pas d'en conclure que le travail des enfants est la meilleure des voies pour son développement, mais qu'il y a peut-être une piste d’analyse différente de sa situation. L'importance
du travail
pour les enfants des rues Le travail est important car :
Les
étapes à franchir
Extraits
de
"Leur vie dans la ville : les enfants qui travaillent dans les rues" L'association Qosqo Maki travaille dans les rues de Cusco (Pérou) depuis une quinzaine d’années. Les observations et les études réalisées tout au long de cette période ont donné naissance à un certain nombre de publications. Voici des extraits de l’une d’entre elles, signée par Isabel BAUFUMÉ et publiée en 1998. La problématique des enfants travailleurs y est dépeinte dans son ensemble, que ces enfants soient ou non des enfants des rues. "(...) Après des années d’accompagnement d’enfants et de jeunes qui travaillent dans les rues, la conclusion à laquelle nous arrivons est que, même si les conditions de travail peuvent être nocives dans certains cas à l’épanouissement d’un enfant, il peut, dans beaucoup d’autres, en tirer des avantages incontestables. Il faut déchiffrer le message des enfants qui travaillent. Combien y a-t-il d'enfants travailleurs dans les rues ? (...) D’après le recensement que nous avons effectué,
3 127 mineurs entre 6 et 17 ans travaillent dans les rues de Cusco,
ville de 300 000 habitants. Les 4/5ème d’entre eux
ont plus de 12 ans, âge légal au Pérou
pour travailler. (...) Ils n’ont pas la possibilité de choisir
réellement leur activité puisqu’elle dépend du
marché et ils font preuve d’une grande flexibilité pour
adapter leurs compétences à la demande. Quel est leur temps de travail ? Le temps de travail dans les rues présente des avantages bien qu’il soit très précaire et que les gains ne sont pas prévisibles. Mais, en général, il offre une grande souplesse d’horaires adaptée aux possibilités de chacun : moins de 6 heures par jour pour les moins de 8 ans, ou uniquement durant le week-end pour 27% des travailleurs qui sont vendeurs sur les marchés. (...) Le travail dans la rue est moins contraignant que celui d’un employé et permet aux enfants de profiter des temps creux pour se distraire. Par exemple, les cireurs de chaussures, présents 12 heures par jour, ne travaillent effectivement que 2 à 3 heures. Le cas extrême des receveurs des bus présente aussi des avantages qui expliquent pourquoi ils font la queue tous les matins au terminus dans l’espoir d’un désistement. Ils sont le sixième du total des travailleurs mineurs et travaillent effectivement 12 heures par jour, comme le chauffeur. C’est la durée minimum pour que le service soit rentable. (...) Ils sont exploités par la loi de l’offre et de la demande. L’offre, c’est un contrat à la journée, à la semaine ou à la quinzaine, généralement renouvelable si l’enfant est ponctuel. La demande est celle d’un enfant (qui du fait de sa taille peut travailler debout alors qu’un adulte devrait travailler courbé) qui trouve dans ce travail un certain nombre d’avantages : un salaire minimum assuré, éventuellement augmenté d’un pourboire si la journée a été bonne. De plus, il déjeune avec le chauffeur, argument de poids pour un adolescent, et, travaillant en équipe avec lui, il apprend la mécanique et la conduite, atouts d’un futur emploi. Beaucoup d’entre eux, après avoir travaillé tous les jours de la semaine, assistent aux cours de l’école du dimanche car le certificat d’études est indispensable pour obtenir le permis de conduire. Les jeunes travailleurs vont-ils en classe ? En ce qui concerne la scolarité, notre étude montre clairement que la prétendue désertion de l’école des enfants qui travaillent n’est qu’un mythe. Seuls 18% des enfants déclarent ne pas étudier (...) et parmi eux se trouve une forte proportion de porteurs, c'est-à-dire des jeunes venus de la campagne, parlant mal l’espagnol (leur langue maternelle est le quechua), dont l’expérience rurale est inutilisable à la ville et le niveau scolaire inférieur à celui des jeunes citadins qui les méprisent. De plus, leurs gains sont trop bas pour leur permettre de couvrir les dépenses liées à une scolarité. (...) Quelles sont les relations des jeunes travailleurs avec leur famille ? En ce qui concerne les structures familiales, 88% des jeunes travailleurs vivent dans une structure de type familial, ce qui confirme que le travail des enfants correspond à une stratégie socialement déterminée. (...) Et met en évidence que le concept péruvien de l’enfance est tout à fait différent du concept occidental. (...) Pour la culture andine, le travail est une valeur essentielle. Dans une communauté paysanne, l’unité de production est la famille et non pas les parents. Tous les enfants se voient donc attribuer, dès l’âge de 5 ans, des tâches précises qui évoluent en fonction de leur âge et de leur sexe. Le fait d’être responsable d’une partie de la production familiale confère à l’enfant un sentiment d’appartenance à la communauté (...) et confirme son habileté et son utilité. (...) L’émigration entraîne un effort des familles pour s’adapter à un milieu nouveau, celui de la ville. On attribue alors aux enfants d’autres tâches productrices de revenus qui font qu’ils continuent de jouer un rôle actif au sein de la collectivité. (...) Aucun d’entre eux ne se sentirait à l’aise s’il était oisif parce qu’il perdrait son utilité, la considération sociale, son statut. (...) Parmi ceux qui ont entre 12 et 14 ans, 9% déclarent vivre sans structure familiale et correspondent au groupe connu comme "enfants des rues". Leur situation est moins préoccupante qu'il n'y paraît à première vue. La plupart sont cireurs de chaussures ou porteurs et déclarent vivre dans un foyer ou une chambre indépendante. Le cas de Cusco est particulier puisqu'il existe deux centres d'hébergement pour les enfants sans domicile fixe, (...) ce qui leur permet d'échapper au cercle vicieux de la marginalité. Ils peuvent donc exercer leur métier de manière indépendante sans être obligatoirement persécutés par la police nationale ou municipale. (...) En résumé, la question de la nocivité du travail pour le développement des enfants ne peut s'évaluer que si on met en parallèle son aspect positif, dans une logique de bilan entre avantages et inconvénients, succès et échecs. (...) Les exigences du marché obligent les adolescents (receveurs) mais aussi la plupart des travailleurs péruviens à travailler 12 heures par jour pour assurer le lendemain. (...) On peut interdire aux jeunes d'exercer ce métier, ce qui aura pour conséquence de les obliger à trouver des alternatives dans des conditions moins favorables. Il faut plutôt chercher à multiplier les opportunités qu'ils aimeraient rencontrer et donc commencer par les consulter. Ce ne sont pas les mesures coercitives qui garantissent le développement mais celles qui consistent à offrir un éventail plus grand de choix aux jeunes et à tenir compte de leur opinion pour qu'ils aient la liberté de choisir et de mettre en pratique leurs décisions." Autres extraits des bulletins et
témoignages des membres du REPER
"La Convention des Droits de l'Enfant est très importante et
constitue une base intéressante sur laquelle nous pouvons appuyer notre
action. Mais elle n'est pas adaptée aux problèmes des enfants
en difficultés et/ou travailleurs. Le droit d'avoir une famille est
essentiel et nous aidons ces enfants à retourner chez eux quand cela
est possible, mais ce n'est pas toujours le cas. Ce que les enfants demandent
alors, c'est le droit de vivre libres et heureux dans la rue, d'être
protégés non seulement des chefs de bande mais aussi des policiers
qui font des rafles, arrêtent les enfants même s'ils n'ont commis
aucun délit et ensuite les tabassent fortement dans les commissariats.
Bien sûr, il est important de lutter contre le travail des enfants,
surtout lorsqu'il s'agit d'une véritable exploitation ou de travaux
dangereux. Mais vus les problèmes économiques de la ville, beaucoup
d'enfants ont besoin de travailler pour vivre et aussi pour aider leur famille
à vivre. De toutes façons, ils ne pourront pas aller à
l'école : il n'y a pas un enfant sur deux qui soit scolarisé
dans le pays, l'Etat n'en a pas les moyens. Ne vaut-il pas mieux travailler
que ne rien faire ? Ce que les enfants réclament, c'est le
droit au travail dans des conditions meilleures (une protection suffisante,
le respect, des tâches qui ne soient pas trop lourdes, un salaire qui
corresponde aux services rendus, ...) et la possibilité d'être
formés. Nous travaillons dans ce sens avec les organisations
d'une dizaine de pays de l'Afrique de l'Ouest. Nous rencontrons également
les autorités pour qu'au niveau législatif, il soit possible
pour ces jeunes, de créer des petites unités de production,
sans être obligés de subir la législation très
lourde et compliquée qui concerne les entreprises."
Nanban a mis en place en 1996 un programme permettant aux jeunes qui le souhaiteraient de devenir à la fois conducteur (ou conductrice) de rickshaw et propriétaire de son véhicule. Le rickshaw est une sorte de vélo-taxi motorisé. Tout est parti d'une jeune fille, sans doute peu inspirée par les métiers exercés habituellement par les femmes, qui avait déclaré son désir d'exercer cette profession jusqu'alors exclusivement masculine. Nanban l'a aidée à passer son permis de conduire, et a acheté un véhicule qu'elle devait lui rembourser, sans intérêt, en 30 mensualités. De plus, on lui a expliqué que, vis-à-vis des clients, certaines règles de politesse, voire d'amabilité étaient de rigueur, ainsi que le port d'une tenue propre et décente. Elle a été la première conductrice de rickshaw de Maduraï, à la grande fierté de tous, dans l'Inde tout entière informée par les médias de cette grande première. Elle a pu rembourser son véhicule bien avant le terme fixé et a fait des émules parmi les autres jeunes de Nanban : près de 50 jeunes ont suivi son exemple et sillonnent désormais la ville. Plus encore, les rickshaw ayant parfois des pannes, les jeunes bricoleurs de Nanban les ont remis en état, et de fil en aiguille, un véritable atelier de réparations mécaniques a été créé et ouvert au public du voisinage, donnant du travail à toute une équipe de mécaniciens issus de Nanban. Hélas, nous venons d'apprendre que le programme "Conducteurs
de rickshaw" a dû être abandonné en raison des changements
survenus dans ce secteur : les autorités ont limité le nombre
de rickshaw en ville et exigent des conducteurs un niveau de qualification
beaucoup plus élevé, etc.. Nanban renonce donc
à poursuivre ce programme et en a viré les fonds disponibles
sur le compte de l'atelier. Quelques conducteurs se sont exprimés sur
leur expérience : "D'être son propre patron nous a donné
le sens des responsabilités.", "Ce boulot nous assure un
revenu stable et confortable. Étant propriétaire de notre véhicule,
nous en prenons grand soin pour le maintenir en état.", "Nanban
a ouvert une nouvelle voie pour le travail des femmes. Ce métier, qui
rapporte bien, est beaucoup moins fatigant que de transporter sur sa tête
de lourdes charges sur les chantiers de construction. La création d'un
atelier avec des prix raisonnables a été d'un grand secours
pour nous autres, les filles."
Pourquoi ? Enfants et travail sont des mots que, généralement, l'on n'aime
pas associer. Dans les droits de l'enfant, un de ses principaux droits est
celui de ne pas travailler. Cependant, en ce qui concerne le problème
spécifique des enfants des rues, le travail peut constituer
une forme de réinsertion qu'il ne faut pas négliger pour deux
ordres de raisons. Comment ? La première chose à préciser est que le travail de l'enfant des rues sous le contrôle d'une ONG ne doit pas constituer, pour l'enfant, une obligation mais un choix parmi d'autres (éducation, formation professionnelle, réinsertion dans une famille, ...). Ce choix doit constituer une demande réelle de l'enfant ou d'un jeune qui est déjà habitué à travailler et à gagner de l'argent dans la rue. Dans notre ONG, Rékebisho, située à Nairobi, nous accueillons des jeunes de la rue de tous âges. Actuellement, nous avons une cinquantaine de jeunes. L'objectif principal de notre action est de permettre à ces jeunes d'être indépendants et de vivre convenablement de façon honnête. Ainsi nous les suivons jusqu'à ce qu'ils soient adultes, qu'ils aient leur propre logement, un emploi et qu'ils aient totalement arrêté de consommer de la drogue ou de l'alcool. En dehors des autres modes de réinsertion que nous proposons aux enfants de notre centre, nous leur proposons deux formes de travail. Une des formes consiste à être formé et à travailler par l'intermédiaire de notre ONG. Concrètement, les jeunes ont une formation assez courte d'artisanat local pour la fabrication d'objets que nous vendons ensuite par l'intermédiaire de notre association. Les jeunes sont payés en fonction du nombre d'objets qu'ils ont réalisés. Ce mode de travail a été expérimenté depuis le début de notre action en 1999. Enfin, depuis peu, nous offrons une autre forme de travail qui répond à une réalité : certains enfants des rues ne souhaitent pas rejoindre les centres d'accueil et préfèrent rester dans la rue. Nous avons donc décidé de les aider où ils sont, c'est-à-dire dans la rue, en leur proposant de débuter des petits commerces ambulants qui leur permettent de ne pas avoir recours à des activités illégales, de subvenir à leurs besoins, et de diminuer leur consommation de solvants et des autres drogues car ils doivent avoir l'esprit clair pour que leur commerce leur rapporte quelque chose. Cette deuxième sorte de travail est pour nous une nouveauté car elle n'est expérimentée que depuis deux mois, cependant les premiers résultats sont assez encourageants.
La Fondation Félix Deschamps à Yaoundé nous a adressé une synthèse de l'étude qu'elle a présentée au Ministère de l'Emploi du Cameroun : "Le trafic d'enfants est présent chez nous au Cameroun.
Il y a trois sortes de trafiquants : les promoteurs (ceux
qui font les placements d'enfants pour qu'ils travaillent), les démarcheurs
qui sont les intermédiaires, et les utilisateurs.
Les enfants des rues sont victimes de ces trafics. Les filles des rues utilisent
également les enfants : leur travail consiste à leur trouver
des clients à partir de 22 heures jusqu'au petit matin pour un salaire
de 75 euros par jour (...). Six enfants de 11 à 13 ans nous ont affirmé
avoir parfois des rapports sexuels avec ces filles en compensation de leur
travail. Ceci nous a conduit à élaborer un projet de prévention
MST/sida enfant des rues (...). Certains enfants ont été "placés"
depuis leur pays d'origine. Nous en avons rencontré six, âgés
de 9 à 12 ans, utilisés pour le petit commerce. Les recettes
sont versées à leur utilisateur en fin de journée. La
rémunération que devrait toucher l'enfant n'est autre chose
que son hébergement."
"La question du travail des enfants est complexe et généralement embrouillée par des confusions et des images venues d’ailleurs, plaquées sur des réalités différentes avec souvent plus de passion que de rigueur dans l’analyse. Pour schématiser, il faut être clair sur trois points : 1. L’âge des enfants : la situation est évidemment différente si l’enfant a 7, 12 ou 17 ans, bien qu’il soit toujours juridiquement un enfant. 2. Le statut de ces enfants : "de la rue" ou
"dans la rue" ? Les enfant dans la rue y travaillent dans le but
d’y gagner de l’argent. (...) Mais ils ne sont pas en rupture
avec leur famille, même si certains d’entre eux vivent isolés
de leurs parents qu’ils retrouvent au village avec le plus possible
d’argent. 3. Le vrai problème n’est pas le travail mais l’exploitation des enfants. (...) La question à poser est : à qui profite le travail de l’enfant ? À lui, s’il apprend un métier et prépare ainsi son avenir. Il y a exploitation si le bénéfice du travail de l’enfant lui échappe au profit de son patron. (...) L’enfant exploité sacrifie son avenir car il ne se forme en rien. Un enfant au travail c’est deux adultes au chômage : son père dont il prend la place en acceptant un salaire inférieur, et lui-même quand il deviendra adulte et qu’on le remplacera par un enfant. L’exploitation des enfants est inacceptable. Mais elle n’est qu’un sous-produit de l’exploitation des adultes et ne peut être combattu qu’avec cette dernière. De même qu’il est totalement illusoire de prétendre promouvoir les droits des enfants quand ceux des adultes ne sont pas respectés."
"Des centaines d’enfants chiffonniers travaillent dans Howra et ses alentours, beaucoup d’entre eux ont moins de 5 ans. (...) L’enfant chiffonnier est le plus triste de tous les enfants des rues. Fouillant sans cesse les rebus de la société, il a une très mauvaise opinion de lui-même. Ayant perdu le respect de lui-même et toute confiance en lui, il croit qu’il n’arrivera jamais à rien alors qu’il participe, avec ses semblables, au recyclage d’au moins 75% des ordures et fournit de nombreux services à la communauté. Ils sont roulés et exploités par ceux qui leur achètent leur collecte en la sous-payant. Afin de leur donner du poids dans leur transaction et leur redonner confiance dans la justice, Ashalayam a ouvert un entrepôt où les collectes quotidiennes des enfants sont rassemblées afin de les vendre directement aux entreprises de recyclage au juste prix. Cette expérience a bien marché et les enfants en tirent profit. (...) Au cours de la réunion mensuelle organisée par Ashalayam pour les enfants des rues, Hindustan Petroleum a offert aux enfants chiffonniers 150 casquettes, 150 paires de gants et 150 paires de bottes en caoutchouc, ce qui leur permettra de rester plus propres et en meilleure santé. Mais surtout cette action a donné une sorte de dignité à leur travail et leur a fait prendre conscience, à travers les discours et les discussions, que, par leur activité, ils contribuaient à la vie de la société et rendaient un grand service à l’environnement. Ashalayam a développé des programmes de formation
professionnelle qui doivent être rentables. L’un des derniers
ateliers créés concerne la menuiserie. La formation comprend
cinq directions : technologie et dessins pour savoir dresser des plans, connaissance
des outils et des essences, menuiserie proprement dite (tenons / mortaise),
tournage, sculpture ornementale. Un diplôme est délivré
à la fin des études. Les commandes de l’extérieur
arrivent peu à peu, par exemple, 47 bancs et des chaises pour une école.
Trois sur les six élèves de la première promotion ont
très vite trouvé du travail."
Enda a publié, il y a déjà quelque temps, une étude sur "Les petites bonnes à Dakar". Les foyers sénégalais seraient les plus grands pourvoyeurs d’emplois. Le métier de domestique occupe plus de 88 000 personnes. Les conditions de travail sont très dures : "Nous sommes debout du matin au soir, sans répit, avec beaucoup de corvées et de difficultés. Nous bénéficions rarement des jours de fête, nous subissons des injustices, nous gagnons peu d’argent. Nous ignorons nos droits, mais nous savons qui nous sommes."
VECED évoque un "travail" très particulier : celui des enfants soldats. "Après 9 ans de crises politiques, les belligérants ont
besoin de plus en plus d'effectif. C'est pourquoi ils recrutent des enfants
soldats : il y en aurait environ 14 000. Certains mineurs sont enrôlés
officiellement dans l'armée nationale, d'autres sont utilisés
comme "doriyas" ou comme gardiens de la paix.
Les enfants qui travaillent se font souvent voler leur recette ou leurs économies. CPCS a créé une banque de dépôts à laquelle les enfants peuvent confier leur argent. Plus de 250 enfants des rues y ont maintenant un compte. Le journal La Croix cite également une Banque des enfants des rues à New Delhi. Les plus âgés peuvent bénéficier de micro-crédits pour développer une activité. Ceux qui réussissent à économiser reçoivent des intérêts de 10%. Un jeune a été élu par ses camarades pour administrer la banque.
"Après tout un processus d'analyse et d'accompagnement, on a
pu se rendre compte qu'un enfant des rues est un enfant travailleur capable
de se rendre utile et de prendre en mains sa destinée. On a alors commencé
par des actions très simples comme l'élevage de poules aux foyers
où ils habitent. (...)
"Tous les jeunes qui ont quitté le Centre l'an passé ont
trouvé du travail. Mais ont-ils eu la persévérance d'y
rester, cela reste à vérifier."
"Le Guatemala va mal. (...) Les enfants payent le plus
lourd tribut. Selon l'organisation internationale du travail, le travail réalisé
par des enfants dans le secteur informel représente 20% du PIB du Guatemala.
(...) L'Etat leur consacre des ressources dérisoires, il n'y a donc
pas de programmes adaptés, pas de personnel qualifié mais surtout
pas de volonté politique. (…)"
AAA a une démarche particulière puisqu'elle demande aux autorités locales de leur accorder la tutelle légale des enfants. Elle en a déjà adopté 94 et, parmi eux, 26 garçons et filles ont maintenant plus de 18 ans. Ils doivent pouvoir épargner pour pouvoir cotiser à leur "sécurité sociale". Afin de les aider à trouver un emploi, AAA paye leur futur employeur éventuel pendant 6 mois de stage de formation. Les "anciens" enseignent à lire aux plus jeunes. AAA étudie l'idée de créer une fondation assurant la pérénité du financement de chaque enfant nouveau jusqu'à sa majorité et pose la question de savoir si l'on pourrait envisager la création d'un fonds de solidarité mutuelle au sein du REPER. AAA cherche des coopérants venant enseigner au Népal différents métiers. |
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