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SANCTIONS, TÉLÉVISION, ARGENT DE POCHE
Les sanctions
Quelles sanctions appliquer en cas de chapardage, actes de violence, fugues, consommation de drogues à l'intérieur ou hors du foyer ?
"Avant d'être admis dans un de nos foyers, l'enfant doit d'abord accepter nos trois principes de base : ne pas voler, ne pas se droguer, ne pas mentir pour les choses importantes. Le simple fait de violer un de ces principes équivaut à une rupture de contrat, auquel cas l'éducateur demande à l'enfant de quitter le foyer. Évidemment, l'enfant pourra revenir plus tard, s'il accepte de respecter les mêmes principes. Cette sanction fait donc partie du règlement du foyer. Pour les autres fautes qu'un enfant pourrait commettre dans le foyer, par exemple un acte de violence, le non respect d'un point du règlement intérieur, etc., la sanction est décidée par le tribunal d'enfants qui se tient habituellement en début de chaque week-end."
"Quand un jeune arrive au drop-in (centre d'écoute) nous essayons
de discuter avec lui, de l'écouter. Cependant, ce n'est pas toujours
facile ! En cas de violence, d'abus de solvants, de troubles graves, nous
lui demandons de rester à l'extérieur du centre. Nous continuons
à le suivre dans la rue jusqu'au moment où il a envie de s'arrêter.
"Le fondateur de Ashalayam, Don Bosco, appelle "système
préventif", en 1876, la pédagogie que nous appliquons encore
aujourd'hui : elle exclut tout châtiment brutal et cherche même
à éviter les punitions légères. Dans les foyers,
le directeur et l'ensemble des éducateurs vivent 24 heures sur 24 avec
les enfants, partagent leurs repas, leurs jeux, leurs travaux, dorment dans
le même dortoir. C'est par cette présence constante que des problèmes
comme la violence et la drogue sont prévenus et évités.
On observe ainsi que la majorité des enfants, par ce qu'ils vivent
avec nous, arrêtent par eux-mêmes de fumer, de se battre. Ceux
qui éprouvent plus de difficultés (drogues dures) peuvent aller
faire ce qu'ils veulent à l'extérieur du foyer, mais ils savent
qu'à l'intérieur, il y a des règles à respecter.
Petit à petit, parce que nous croyons au dialogue, de nombreux jeunes
se sont désintoxiqués. Don Bosco insiste et répète
que l'enfant doit savoir qu'il est aimé, accepté tel qu'il est,
il ne doit jamais être humilié et trouver un ami dans l'éducateur
qui l'accompagne. Education tire sa racine du mot latin educcere
: extérioriser, révéler. Il ne s'agit donc pas de remplir
l'esprit de connaissances et d'idées morales, mais de révéler
ce qui est latent chez l'enfant. Ashalayam accueille environ 300 enfants dans ses foyers familiaux, est prèsent auprès de plus d'un millier d'enfants dans les refuges de nuit, les activités éducatives diverses, les écoles sur le trottoir.
"En cas de fugues, violences, chapardages, nous privilégions
les sanctions suivantes. L'isolement temporaire, les corvées supplémentaires
à exécuter dans l'intérêt de la communauté.
Les repères dont les enfants ont besoin peuvent, certes, être
acquis par l'écoute, la compréhension, le dialogue. Mais le
développement de l'enfant a aussi besoin de rencontrer une autorité
qui sanctionne. La
télévision
En Mauritanie, "Le projet n'en achète pas pour les foyers. Certains des éducateurs disposent d'un poste, souvent sur batterie. Dans ce cas, les enfants du foyer peuvent en bénéficier. Cet état de fait est courant dans les quartiers périphériques d'où viennent la majorité des enfants accueillis."
Aux Philippines, "Dans chaque maison il y a un poste : en théorie il ne peut être utilisé que pendant le week-end ou les vacances scolaires. À la Fondation, nous avons aussi un magnétoscope ; il est utilisé pour les projections de films sélectionnés (éducatifs, dessins animés) car les 9 chaînes de télévision philippine présentent des films très violents."
En Inde, "Chaque foyer a une télévision (bien que souvent ancienne et de mauvaise qualité car reçue en donation) et c'est une fenêtre importante sur le monde. Chaque soir les enfants regardent les informations (15 minutes) et une discussion s'en suit. Ils sont libres de regarder les samedis après-midi et les dimanches. Le reste du temps, elle reste éteinte."
L'argent
de poche
"Dans notre projet, au début de chaque week-end, une petite somme d'argent est donnée à tous les enfants. Cet argent sert à couvrir les frais de transport des enfants qui ont une famille et vont la visiter."
"Un enfant qui vit au foyer travaille une partie de la journée dans l'un de nos ateliers manuels (il en existe une vingtaine). Le bénéfice de sa production va directement sur son propre compte avec une vision pour son avenir. Avec cet argent, déjà 33 de nos jeunes se sont acheté une parcelle de terrain, 23 ont construit leur maison, 10 se sont mariés. La relation à l'argent est importante pour les enfants de la rue, c'est un repère, il ne faut pas le nier. Ainsi, chaque jeune reçoit à la fin du mois sa "paie" en mains propres, et c'est à lui de faire la démarche de la remettre au directeur qui l'ajoute à son épargne. Il réalise ainsi la valeur de son travail et donc sa propre valeur. De cette somme, il peut déduire une petite partie et la garder pour lui comme argent de poche (pour une sortie, une friandise, ...). Lui laisser de l'argent en main, ainsi que l'argent du marché, d'une course à faire, c'est lui prouver qu'on lui fait confiance. Il a un rapport important et autonome à la productivité, mais souvent ne sait pas économiser. C'est dans le souci de mettre en valeur les potentialités qu'il a acquises dans la rue, de les positiver dans une perspective d'avenir, que l'une des idées d'Ashalayam s'appuie sur les ateliers et la conviction que c'est à l'enfant de construire une vie par lui-même."
"L'argent de poche est nécessaire et il faut en donner aux enfants dans les foyers, mais à condition que les éducateurs suivent les dépenses afin d'apprendre aux enfants les techniques d'une meilleure gestion." |
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