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LA RÉSILIENCE

Bulletin n°20 - mars 2005

Certains enfants des rues, à la grande joie de ceux qui s'en occupent, se "remettent" beaucoup plus rapidement que d'autres enfants des chocs qu'ils ont subis. Leurs éducateurs ont constaté que ni leur âge ni leur sexe ni leurs malheurs expliquent la rapidité de leur amélioration.

À quoi tient donc leur capacité à résister aux chocs, à avoir ce sursaut bénéfique qui leur permet de rebondir et de prendre un nouveau départ ? Certains diront que c'est une question de nature, de tempérament ou d'aptitude propre à chacun. D'autres qui sont psychologues, sociologues, ou pédagogues disent que nous possédons tous cette capacité et qu'il nous appartient de la développer. Ces spécialistes (les premiers à s'y intéresser à la fin des années 80 étaient anglo-saxons) l'ont appelée la "résilience", mot qu'ils ont emprunté au vocabulaire des physiciens lorsqu'ils parlent de la capacité d'un métal à résister aux chocs et à reprendre sa forme après coup, comme le capot d'une voiture par exemple.

Nous avons tous, à un moment ou à un autre de notre vie, eu besoin de faire appel à notre capacité de résilience pour faire face à un coup dur, à un échec, à la perte d'un être cher. Nous sommes tous plus ou moins résilients et les enfants le sont aussi.

Alors, comment les aider à développer ce potentiel ? Beaucoup d'ouvrages ont été publiés à ce sujet, dont vous trouverez ci-dessous une sélection, car nous ne pouvons les citer tous. Cette présentation a pour seule ambition de vous donner envie de les lire car leur sujet est au cœur de vos préoccupations et leur mise en pratique peut être déterminante pour les enfants dont vous avez la charge.

* Des définitions, des pistes de réflexion
* La théorie mise en pratique
* Quelques citations
* Extraits de discussions avec des jeunes
* Bibliographie sommaire


Des définitions, des pistes de réflexion

Pourquoi certains enfants ont-ils moins de problèmes en dépit de leurs difficultés quotidiennes ? Stefan VANISTENDAEL1 déclare que l'observation des enfants résilients permet de découvrir les traits de caractère qui les aident à réagir positivement. Par exemple, avoir l'estime de soi et de la dignité, trouver un sens à sa vie, avoir conscience de son identité sont autant de forces intérieures qui aident ces enfants à se reconstruire et à se bâtir un avenir plus stable. "Au lieu d'étudier les faiblesses, les carences et les moyens de les compenser, nous commençons par rechercher les forces et comment les utiliser. Au lieu de diagnostiquer des problèmes et d'y apporter des solutions toutes faites, nous diagnostiquons les besoins et les forces des individus, des familles et des communautés et nous tentons de mobiliser ces forces (...) pour trouver des solutions."

L'opuscule intitulé La résilience ou le réalisme de l'espérance a pour objet d'expliquer ce changement de perspective et définit la résilience de la façon suivante : "La résilience est la capacité d'une personne ou d'un système social à vivre et à se développer positivement malgré des conditions de vie difficiles, et cela, de manière éthiquement acceptable". Il va de soi que les normes sociales varient considérablement en fonction des conditions locales. A. OSBORN2 précise que "la résilience n'est ni la loi de la jungle, ni la survie à n'importe quel prix".

Stefan VANISTENDAEL suggère plusieurs éléments de construction de la résilience :

1. Accepter sans condition l'enfant en tant que personne à part entière. Ce qui ne signifie pas l'acceptation inconditionnelle de son comportement. "Si je m'en suis sorti, c'est avant tout parce qu'un jour j'ai rencontré quelqu'un qui croyait vraiment en moi, un éducateur."

2. Aider l'enfant à trouver une logique, un sens à sa vie. L'aider à découvrir, à partir d'objectifs modestes (en utilisant des jeux, le sport, l'expression artistique, la responsabilité d'un petit jardin ou d'un animal ou d'une autre personne) que des structures existent ainsi que l'ordre, la beauté, l'engagement envers les autres, etc..

3. Lui faire faire l'apprentissage, à travers différents exercices, de toutes sortes d'aptitudes liées au contexte local (comment entrer en contact, demander de l'aide, rester calme, etc.) afin de lui démontrer que son attitude peut influencer le cours des choses.

4. Développer son estime de soi à partir des éléments précédents mais aussi par des encouragements, des critiques constructives, des objectifs réalisables.

5. Développer, dans un climat de confiance, son sens de l'humour.

Nous vous recommandons vivement la lecture de cet ouvrage qui expose avec la plus grande clarté et beaucoup de pragmatisme, des notions parfois complexes et délicates.

1. Stefan VANISTENDAEL sociologue et démographe, est Secrétaire Général Adjoint et responsable de la division Recherche et Développement du BICE (Bureau International Catholique de l'Enfance). Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont La Résilience ou le réalisme de l'espérance et de Résilience et Spiritualité dont vous trouverez de nombreuses citations dans cette présentation.
2. What is the value of the concept of resilience for policy and intervention - Exposé de A.OSBORN au Colloque International sur la résilience de l'enfant et de la famille organisé par le BICE à New York en 1993.


La théorie mise en pratique

La résilience mise en pratique par Nanban

L'action de Nanban s'appuie sur la notion de résilience, et s'inspire des principes suivants :

  • Une démarche, centrée sur l’enfant et s’appuyant sur la communauté.

Nanban cherche à soutenir l’enfant, non pas en l’isolant de son environnement, mais à travers et avec la participation de cet environnement. La famille et la communauté de l’enfant sont ses meilleurs points d'appui.

Le regard et l'attitude de l'entourage d'un enfant sont déterminants sur le sentiment qu'il a de lui-même. Un haussement d'épaule, un rire méprisant sont dévastateurs. Une perche tendue peut être salvatrice.

Les familles et, d'une façon générale, la communauté vivant autour de Nanban, sont donc incitées à s'organiser en groupes de solidarité afin de rechercher ensemble des solutions possibles à leurs difficultés. Près de 1 500 personnes désormais se soutiennent et partagent les soucis et les succès de leurs existences (y compris ceux de l'éducation de leurs enfants) dans différents "clubs" gérés et dirigés par les intéressés.
En soutien, vient la création de réseaux d’aide sociale qui doivent, eux aussi, accepter, de façon inconditionnelle, de considérer l’enfant comme une personne à part entière, capable de participer activement au travail du groupe.

  • Sensibiliser ceux qui rencontrent l’enfant professionnellement.

Nanban organise des sessions de formation interdisciplinaire pour les différentes personnes que l'enfant rencontre dans des circonstances difficiles de façon à les sensibiliser aux besoins et aux droits de l'enfant (police, assistance sociale, corps enseignant, etc.).

  • Ecoute et participation.

Nanban attache beaucoup d'importance au fait d’écouter l’enfant et de le considérer comme un acteur de son propre développement. Ceci implique une très grande sensibilité de la part des adultes dans la façon dont ils écoutent l’enfant et spécialement dont ils entendent ce qu’il ne peut pas dire. Ceci signifie qu'il faut non seulement permettre à l’enfant de participer mais implique d'avoir réussi à susciter chez lui l'envie de participer. Cela signifie également qu'il faut mettre en valeur les relations d’enfant à enfant pour leur donner la possibilité de contribuer à la vie communautaire.

  • Renforcer le potentiel des enfants : la "résilience".

S’appuyant sur des résultats de recherches et sur l’expérience, Nanban propose les activités suivantes afin de favoriser le développement de la résilience chez les enfants :
1. Développer chez l'enfant sa capacité de découvrir un sens, une signification et une cohérence dans la vie à partir de la spiritualité et de la pratique religieuse qui lui est propre. Toutes les religions pratiquées en Inde sont représentées à Nanban.
2. Développer (à travers le jeu, le sport, l'expression artistique, et/ou des concours d'expression) les dons personnels de l'enfant et le sentiment qu'il peut, dans une certaine mesure, maîtriser les événements de sa vie.
3. Renforcer l’estime qu'il a de lui-même par des encouragements, des marques de confiance, des responsabilités à assumer.
4. Développer son sens de l’humour (en évitant de tomber dans le sarcasme, et en suggérant, par exemple, ce que certaines situations peuvent avoir de cocasse, on montre que l'on peut rire sans se moquer).

  • Exemples pratiques.

- L'éducateur de rue se garde bien de faire, d'entrée de jeu, des propositions à l'enfant. Il attend que, des contacts plus confiants ayant été établis peu à peu, l'enfant lui parle d'une des difficultés qu'il a à résoudre (panser une plaie par exemple). L'éducateur suggère alors des solutions que l'enfant décide ou non d'adopter. La démarche doit venir de l'enfant lui-même et exprimer sa volonté propre.
- Pour aider les éducateurs spécialisés dans leur travail, on leur suggère de chercher à découvrir les traits de caractère particuliers et les capacités dont les enfants résilients sont pourvus. Puis de tenter de développer ces caractéristiques chez d'autres enfants qui vivent dans des conditions similaires.
- Nanban organise, dans différents domaines, des compétitions dont les objectifs sont raisonnables et accessibles, donne les encouragements nécessaires, fait des critiques constructives, applaudit aux succès (concours d'éloquence sur des thèmes variés, épreuves sportives ouvertes aux enfants du quartier).
- Des ateliers, réunissant un adulte et un petit groupe d'enfants, peuvent aider aux prises de conscience. Entamer un débat, à partir d'une histoire lue en commun ou d'un article de journal, permet de discuter de l'attitude des personnages et d'analyser le bien fondé ou non de leur comportement. Peu importe qu'il s'agisse de chimie, de géographie, de secourisme ou d'histoires morales, le but est de relier ces connaissances aux événements de leur vie quotidienne et d'exprimer leurs idées. Le groupe agit comme une commission d'enquête, sous la conduite d'un ou d'une responsable qualifié(e), qui ne fixe jamais l'ordre du jour, ni n'impose son propre point de vue, mais encourage seulement l'émergence de conclusions émanant des discussions. Les enfants se sentent libres d'exprimer leurs pensées et leurs points de vue personnels et de les communiquer aux autres participants. Ces exercices développent leurs capacités de raisonner rationnellement et de communiquer, ils renforcent leurs aptitudes à discuter, à se former un jugement, tout en développant leur tolérance, leur humour et leur sentiment d'appartenir à une communauté.
- Des "clubs" ont été créés pour et par les enfants qui les dirigent et les animent eux-mêmes afin de leur confier des responsabilités, les entraîner aux échanges, au respect de l'autre.

Ceci développe leurs capacités de résilience, c'est-à-dire les forces intérieures dont ils ont besoin pour supporter et surmonter la dépression et l'adversité.

   

Nanban
Maria Complex
Ashok Nagar, III Street
Kochadai
Madurai - 625 016
Tamilnadu
SOUTH INDIA
+ 91 452 2384630 / 2384270 / 2383339
+ 91 452 2384270
james@nanbanindia.org
www.nanbanindia.org


Le BICE lance un appel : "Faites nous partager votre expérience. Dites-nous ce qui vous a été utile, de la manière dont fonctionnent les choses dans la pratique. Donnez-nous si possible des exemples concrets de résilience, dites-nous comment vous avez pu détecter, développer ou mobiliser la résilience. Vos découvertes et votre expérience sont précieuses, pas uniquement pour nous, mais pour tous ceux avec qui nous sommes en contact, et surtout pour les enfants. Nous vous remercions par avance de bien vouloir consacrer un peu de votre temps à partager avec d'autres votre expérience dans ce domaine."

   

BICE
Département R&D
11, rue de Cornavin
CH 1201 Genève, SUISSE


Quelques citations

Boris CYRULNIK1 développe en France le concept de résilience depuis plusieurs années. Il écrit notamment : "La notion de résilience cherche à comprendre de quelle manière un coup peut être encaissé, peut provoquer des effets variables et même un rebond. (...) En fait, la résilience se tricote avec mille déterminants dont certains sont probablement plus efficaces que d'autres. Le tissage du sentiment de soi semble être un facteur capital de l'aptitude à la résilience."

Il insiste sur l'importance de l'entourage : "C'est dans l'alentour de l'enfant qu'il convient de chercher la plus grande partie des facteurs de sa résilience. (...) En fait, la plus grande partie des facteurs de résistance d'un individu est tissée autour de lui par les organisations psychosociales qui, en lui tendant des perches, lui offrent des circuits d'épanouissement possibles."
D'où l'importance du regard social : "Ce qui s'inscrit dans l'enfant c'est bien sûr le réel, quand le fracas est énorme, mais surtout le sentiment de soi sous le regard de l'autre : "Je suis celui que l'autre regarde avec dégoût car il sait que je suis né d'un viol." (...) Pour un enfant qui ne sait pas encore qui il est, ni ce qu'il vaut, ce regard possède le pouvoir d'imprégner un découragement en lui. (...) Le moyen le plus efficace et finalement assez rapide de resocialiser les enfants, c'est la métamorphose du traumatisme. Dès l'instant où l'on peut en parler, le dessiner, le mettre en scène ou le penser, on maîtrise l'émotion qui débordait et glaçait au moment du choc."

Dire le secret : "Tous les chagrins sont supportables si on en fait le récit. (...) Faire le récit de soi, ce n'est pas rien. L'effet affectif est important : il tisse un lien d'intimité avec l'auditeur et, surtout, il supprime le clivage, comme si le locuteur disait : "Jusqu'alors je n'exprimais que la partie transparente de moi, la plus sociable. Désormais, en mettant au jour toute mon histoire, je demande qu'on m'aime comme je suis." (...)

En conclusion on peut citer cette définition que l'auteur donne de la résilience :
"La résilience, c'est plus que résister, c'est aussi apprendre à vivre."

1. Boris CYRULNIK, psychiatre, psychanalyste, éthologue, a publié plusieurs ouvrages sur la résilience. Un merveilleux malheur consacre de nombreuses pages à l'enfant des rues parmi lesquelles nous avons eu du mal à ne sélectionner que les citations ci-dessous.


Extraits de discussions
avec des jeunes

Six jeunes adultes de 16 à 24 ans avaient été invités à participer aux travaux du International Institute on Child Resilience and Family. Laura J. HILTON a rendu compte de leurs travaux dans la revue Children Worldwide, The Family and Child Resilience, vol.21.N01-94, publié par le BICE. Nous avons extrait les passages les plus significatifs concernant les enfants des rues.

"Ces jeunes ne connaissaient pas le mot "résilience", mais après avoir discuté avec eux de sa signification, ils ont reconnu sa présence dans leur vie et leur personnalité.
Ils pensent que le facteur déterminant qui les a aidés à surmonter leurs difficultés a été la rencontre avec une personne "clé", à qui ils ont pu faire confiance, raconter leur vie et qui les a écoutés. "Je voudrais dire que les miracles existent, il suffit d'avoir un peu de chance, d'être à la bonne place et de rencontrer quelqu'un avec qui vous pouvez devenir ami. Cela peut changer le cours de votre vie." (...)

Au cours des discussions, nous avons constaté que ces jeunes résilients avaient en commun un certain nombre de traits de caractère : ils s'exprimaient bien, ils trouvaient des solutions aux problèmes, faisaient face aux difficultés et avaient d'eux-mêmes une opinion positive. De plus, ils savaient tous ce qu'ils voulaient devenir, sympathisaient les uns avec les autres et, plus important encore, ils étaient capables d'analyser leurs malheurs et d'en tirer des conclusions.

Tous étaient d'accord sur l'importance d'avoir une famille aimante et secourable. Aucun éducateur, aucun adulte aussi compréhensif soit-il, ne pourra remplacer les parents dans la vie d'un enfant. Ils insistent sur le rôle de modèle que jouent les parents pour leur enfant : "S'ils m'avaient donné l'exemple, il est bien possible que j'aurais cherché plus tôt à faire face aux choses." Certains agissements des parents sont pris en contre-exemple lorsque, évoquant l'avenir et leur futur rôle de parents, ils disent : "Je sais que si je ne suis pas aidé maintenant, je pourrais devenir ce père dont le pauvre gosse cherche un coin où se cacher lorsqu'il rentre à la maison."

Ces jeunes expliquent qu'ils n'ont pas trouvé de soutien au cours de leur scolarité. Ils disent combien un mot d'encouragement peut être bénéfique, combien il est important que quelqu'un croit en vous : "Ils m'ont dit que je pouvais devenir quelqu'un, que je n'étais pas si mauvais. Du coup, ils ont changé ma vie."

Le rôle des groupes de copains, des "pairs" est très important : "Il peut y avoir des choses dont je n'ai pas envie de parler. Si j'entends un copain en parler et que personne ne se moque de lui, je me dis que je peux en parler moi aussi, je sais maintenant que l'on me comprendra." Un autre ajoute : "Je peux venir dans le groupe et parler de choses sans me préoccuper de ce qu'ils en pensent. Ils me soutiendront." L'aide d'un copain est irremplaçable, car il connaît, il sait de quoi il est question ; de plus, on peut lui parler sans crainte d'être puni ou blâmé.

Les idées principales à retenir de ces discussions avec ces jeunes sont l'importance de l'écoute et de l'exemple. L'écoute semble être la clé de la reconstruction et de la réduction du stress. Il est très important également que l'éducateur manifeste sa sympathie et montre à l'enfant qu'il est compris. "C'est très important que vous compreniez ce que nous vous disons, car vous pourriez changer le cours des choses. Vous pouvez dire à d'autres adultes de nous écouter et leur faire comprendre ce que nous vivons."


Bibliographie sommaire
  • Children Worldwide, vol.21 N°1-94, édité en anglais par BICE, 11 rue de Cornavin, CH 1201 Genève, Suisse
  • Boris CYRULNIK, Un merveilleux malheur, 191 pages, Edition Poche Odile Jacob - 6,90 €
  • Boris CYRULNIK, Le murmure des fantômes, 254 pages, Edition Odile Jacob - 20,56 €
  • Boris CYRULNIK, Les Vilains Petits Canards, 234 pages, Poche Odile Jacob - 7,13 €
  • Stefan VANISTENDAEL, La Résilience ou le réalisme de l'espérance, 53 pages, édité et vendu par le BICE (Bureau International Catholique de l'Enfance), 70 boulevard Magenta, 75010 Paris - 8 € - Edité en français, anglais et espagnol
  • Stefan VANISTENDAEL, Résilience et Spiritualité, 53 pages, édité et vendu par le BICE (Bureau International Catholique de l'Enfance), 70 Boulevard Magenta, 75010 Paris - 8 € - Edité en français et espagnol. Une traduction en anglais est en cours.
L'envol ...
Créée le 27 juin 2005 - Mise à jour le 28 novembre 2007