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LES ENFANTS ET LA PRISON
Ashalayam
Calcutta, Inde Ashalayam a été autorisé, après de longues démarches, à visiter les enfants incarcérés dans le centre de détention pour mineurs de Barasat. "La quasi-totalité des enfants qui y sont enfermés ont été "raflés" dans les gares sans autre motif que d'être des vagabonds sans famille. Les enfants d'Ashalayam sont allés leur donner une représentation musicale et théâtrale dans l'enceinte de la prison, une manière pour eux d'être solidaires avec leurs compagnons d'infortune qui passeront Noël derrière les barreaux. Notre espoir est de mettre en place des activités éducatives et récréatives d'une manière régulière. Les autorités nous ont annoncé qu'ils acceptaient de libérer 5 enfants qui avaient vécu longtemps dans nos foyers et demandaient à y revenir." Les rapports entre les autorités et Ashalayam sont bons. Le gouvernement de la région a établi des cartes permettant à chaque enfant des foyers de circuler dans les rues, une réduction de 50% sur les frais d'électricité a pu être négociée, une jeep et une levée de taxe a été octroyée à l'association. Ces quelques exemples montrent la volonté du Gouvernement de coopérer avec nous. Il en est de même avec les autorités policières qui sont en voie d'accepter le travail des enfants, la formation technique pour ceux qui sortent de prison et des projets de scolarisation adaptés aux enfants pauvres arrivant à Calcutta. Virlanie
Manille, Philippines Virlanie a entrepris un important travail relationnel concernant les enfants en prison. Plusieurs juges ont compris l'importance de ne pas laisser traîner des dossiers de mineurs pendants des mois, des années. Un juge a choisi de consacrer un après-midi par semaine aux enfants incarcérés... C'est un début, d'autres juges suivront. Le Ministre des Affaires sociales a proposé son aide pour la mise en place d'une nouvelle maison d'accueil destinée aux enfants en attente de jugement, structure actuellement inexistante aux Philippines. Virlanie a été invité à participer à l'émission Zone interdite sur M6 dont le thème portait sur les enfants et la prison. Dominique LEMAY y était interwievé et a pu faire part vigoureusement de son point de vue sur ce problème. Interview
de Dominique LEMAY,
créateur de la Fondation Virlanie en 1987 "Le problème des enfants en prison était énorme. Tous les enfants étaient mélangés, qu'ils soient enfants des rues ou enfants ayant commis des délits, qu'ils aient 3 ou 18 ans. On entassait jusqu'à 50 enfants dans une cellule de 15 m2 sans eau et avec juste un trou dans un coin en guise de sanitaire. Il était impossible aux enfants de s'allonger et aucun soin ne leur était jamais apporté. Si l'état de l'un d'entre eux se dégradait trop, on l'envoyait à l'hôpital. Au bout de 4 à 5 ans de présence à Manille, Dominique a pu proposer à la directrice de la prison d'utiliser un bâtiment voisin, ce qui permettait de séparer les enfants des rues, ramassés au cours d'une rafle, de ceux qui étaient condamnés. Ces derniers se partagent deux pièces, les filles en haut et les garçons en bas. Désormais, les enfants ramassés dans la rue sont réunis dans le bâtiment d'en face, tous âges confondus. Virlanie prend en charge, avec Les Amis de Sœur Emmanuelle, les travaux de réhabilitation et d'entretien qui sont nécessaires chaque année (toiture, peinture, etc.), soit une dépense de 6 000 € environ par an. Une arrivée d'eau, une pompe, un WC ont pu être installés, et désormais les enfants ont le droit de se promener une heure par jour dans une cour intérieure. De plus, les enfants vont à l'école le matin dans les cellules de l'étage supérieur. Au niveau juridique, une action est menée pour la sauvegarde des droits des enfants en prison. Deux éducateurs de Virlanie visitent les enfants et font le point, avec les travailleurs sociaux de la prison, sur la situation des enfants afin de découvrir ceux dont l'affaire n'est pas suivie par un avocat. Virlanie prend alors en charge les honoraires de l'avocat. Afin de réduire le plus possible la durée de la détention préventive des enfants, Virlanie a suggéré aux magistrats d'augmenter le nombre des sessions réservées aux enfants. De plus, Virlanie leur a offert des dossiers de couleur rouge destinés aux cas des enfants afin de mieux les distinguer dans les piles des dossiers. À la suite de matraquages d'enfants effectués lors de "nettoyages" de quartiers, Virlanie a pris contact avec les policiers de base et leurs responsables pour les convaincre que les enfants des rues méritent tout autant de respect que les autres enfants. En ce qui concerne la santé, le gouvernement avait bien envoyé un dentiste à demeure dans la prison... mais sans instrument ni médicament ! Virlanie a réussi à faire venir un cabinet dentaire d'occasion, cadeau d'un dentiste français, et Médecins sans frontières Suisse s'est chargé de le remettre en état. En liaison avec Médecins sans frontières, l'équipe sanitaire de Virlanie est autorisée à venir soigner les enfants dans la prison ainsi que dans le bâtiment (le RAC) dans lequel les enfants des rues sont consignés. Ceci a permis d'enrayer plusieurs épidémies, comme celles de la gale par exemple. Dans le RAC, Virlanie effectue beaucoup d'animations, avec des cirques, des jeux, des lectures, etc. Tous les ans à Noël, Virlanie organise une grande fête dans la prison, avec des clowns, des danses, etc.. Enfin, dans la perspective de leur sortie de prison, les travailleurs sociaux de Virlanie s'efforcent de retrouver les familles des enfants et de les préparer à reprendre l'enfant auprès d'elle. Dans le même temps, ils s'efforcent de convaincre les enfants d'accepter de retourner chez eux. Un lourd travail est encore à effectuer, car si le gouvernement philippin a ratifié les Droits de l'enfant, il n'empêche pas moins que 3 enfants de moins de 10 ans sont encore condamnés à mort." Albert Schweitzer Association Philippines
(ASAP)
L'ASAP, Albert Schweitzer Association Philippines, est une organisation récente consacrée à la défense des droits de l'enfant. L'ASAP est composée d'une équipe de travailleurs sociaux, d'avocats et de juristes. Elle intervient pour sortir les enfants des cachots, organise des campagnes pour promouvoir les droits des enfants. Elle insiste sur la nécessité d'aider les enfants à se réintégrer dans la société par une rééducation adaptée, fondée sur le bon vouloir de l'enfant. Pour l'ASAP, l'éducation civique est un puissant moyen d'éradiquer les abus commis contre les droits de l'enfant. Le bouche à oreille entre enfants est le pivot de la propagation des droits de l'enfant. L'ASAP entreprend une action auprès du ministère philippin de l'éducation pour qu'une éducation civique soit désormais intégrée aux enseignements dispensés. L'ASAP a pu rouvrir graduellement son centre de Laguna pour y accueillir les enfants sortant de prison pour vol ou trafic de drogue. L'ASAP poursuit son programme de défense légale en faveur des enfants en conflit avec la loi et dont les familles sont trop pauvres pour payer un avocat. En 2002, l'ASAP a mené avec succès à leur terme, 50 cas en cour de justice. Ce qui signifie que 50 enfants sont sortis de prison. 48 ont pu retourner dans leur famille, les 2 autres sont hébergés au centre de l'ASAP, à Buhay Kalikasan. Extrait
d'un communiqué
des Enfants d'Abidjan "La Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan, la MACA, a été construite pour 2 000 détenus et détient en ce moment près de 5 000 personnes, adultes et enfants mélangés. Le COM (Centre d'Observation des Mineurs), est un lieu où sont placés des jeunes en attente d'être jugés, ou qui ont une condamnation légère. Parfois ils ont simplement été ramassés au cours d'une rafle et attendent que les autorités apprécient leur capacité à retourner dans la société sans sombrer dans la délinquance. Cette attente est d'une durée indéterminée et aléatoire. Le COM détient entre 100 et 150 jeunes dans 12 cellules de 15 m2, sans eau ni électricité, avec un WC à la turque. Les fonctionnaires du COM sont trop peu nombreux pour pouvoir efficacement travailler à la réinsertion des jeunes. Un atelier peut accueillir 4 ou 5 jeunes à la fois, alors qu'une centaine d'autres sont livrés à eux-mêmes une grande partie de la journée. Le travail que l'on y fait est strictement utilitaire et au bénéfice des gardiens. Les jeunes n'en tirent pas profit, et il n'existe pas de formation débouchant sur un diplôme professionnel qui serait pourtant un atout majeur pour leur réinsertion. Les lieux étaient disposés de telle sorte que les jeunes pouvaient facilement passer du COM à la MACA, cette cohabitation exposant de nombreux mineurs à des violences. Un mur de séparation a donc été construit. Mais l'on s'est aperçu que les effets de cette séparation ne sont pas tous bénéfiques ! En effet, lorsque les jeunes ne trouvaient pas au COM ce dont ils avaient besoin, ce qui était fréquent, ils allaient se le procurer chez les adultes (complément de nourriture, savon, vêtements, cigarettes, ...). Cela n'étant plus possible, on a constaté que les plus faibles, ceux qui ne peuvent pas sauter le mur, étaient fragilisés et que la situation sanitaire en général s'était dégradée. Les jeunes de Saint-Etienne venus passer quelques semaines à Abidjan ont lancé un chantier de peinture (passage des cellules à la chaux) et les jeunes du COM y ont participé avec beaucoup de bonne volonté. Ce travail fait en commun a permis d'établir aisément des relations avec eux et a démontré que beaucoup d'entre eux étaient prêts à contribuer à bien d'autres travaux. Leurs conditions de vie en seraient améliorées et cela occuperait leurs longs moments d'oisiveté. Les lycéens français ont alors lancé la création d'un potager à base de légumes à manger cru (tomates, carottes) donc facilement consommables. Mais après leur retour en France, les graines et l'engrais ont été récupérés par les gardiens et le terrain est retourné en friches." Extraits
d'informations reçues
de Kaolac (Sénégal) du Projet Saint Joseph "Ici à Kaolac, un service de l'Etat a pour mission de s'occuper des enfants incarcérés, aussi nous ne nous en occupons pas. Le problème est qu'après la prison, la plupart des enfants se retrouvent dans la rue parce qu'ils ont peur de retourner dans leur famille ou parce qu'ils sont gênés de le faire seul. C'est à ce moment que nous intervenons, les accueillant au centre d'écoute, comme leurs camarades de la rue, afin de les aider à se réinsérer dans la société à travers leur famille ou à travers une formation professionnelle. Il y en a deux, après quelques mois passés au centre, que nous avons réconciliés avec leurs parents et qui sont rentrés définitivement chez eux. Trois autres sont toujours avec nous car ils ne sont pas prêts à retourner dans leur famille. Le séjour en prison a aggravé leur cas, ils se droguent (guinze), et volent beaucoup plus qu'avant leur incarcération. Il est vrai qu'envoyer un enfant en prison n'arrange pas les choses. Au contraire, l'enfant en sort plus délinquant qu'avant." SOS
Mineurs en prison
Conakry, Guinée "Nous avons œuvré comme sur du sable mouvant et fait preuve
de beaucoup de prudence pour sauvegarder les acquis et la confiance de nos
partenaires de la prison, des juridictions, des commissariats et des postes
de gendarmerie. Prisonniers Sans Frontières
Prisonniers Sans Frontières lance des opérations au Togo, au Bénin et au Niger pour trouver des solutions autres que l'emprisonnement pour des jeunes en conflit avec la loi. De plus, au Togo, un programme pour des jeunes en difficultés est à l'étude en liaison avec les autorités. |
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