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L'ENVOL Nous avons reçu du courrier faisant part des difficultés
rencontrées par certains des membres du REPER lorsque
le moment est venu pour les enfants, devenus grands, de quitter le foyer ou
le centre, et de voler de leurs propres ailes. Cette période délicate
nécessite une attention spécifique sous peine de voir l'adolescent
se décourager devant les difficultés. Les risques de rater son
"envol" sont certains. Comment le préparer ? Comment le soutenir
lors de ses débuts ?
Action Autonomie Avenir
Katmandou, Népal Cette association a une démarche particulière puisqu'elle demande aux autorités locales de leur accorder la tutelle légale des enfants. Elle en a déjà adopté 94 et, parmi eux, 26 garçons et filles ont maintenant plus de 18 ans. Ils doivent épargner pour pouvoir cotiser à leur "sécurité sociale". Afin de les aider à trouver un emploi, Action Autonomie Avenir (AAA) paye leur futur employeur éventuel pendant 6 mois de stage de formation. AAA recherche des coopérants venant enseigner au Népal différents métiers.
Ashalayam
Calcutta, Inde "La chose la plus importante est que les jeunes se fixent un objectif. (...) C'est en connaissant les jeunes et leurs aptitudes que nous pouvons ensuite les aider à aborder un projet professionnel adapté à leurs envies et à leurs motivations. (...) Trouver sa voie passe par un stage dans une entreprise qu'Ashalayam connaît (petite société de gardiennage, pâtisserie de luxe, boutique de vêtements, hôtel de luxe). Au cours de ce stage, les jeunes se frottent au monde du travail et acquièrent de l'expérience avant de partir travailler pour de bon. Une fois leur voie trouvée, quelques jeunes repartent s'installer auprès de leur famille. D'autres trouvent un emploi par les petites annonces ou encore au sein des entreprises partenaires d'Ashalayam. Au moment de l'entretien, nous demandons à l'employeur de ne pas faire de faveur à son futur employé sous prétexte que c'est un ancien enfant des rues. Ce qui compte, ce sont ses capacités et son comportement. Il y a peu de soucis à avoir à ce sujet : généralement les jeunes d'Ashalayam se révèlent plus compétents que les autres jeunes de leur âge, parce que la vie dans la rue leur a appris la débrouillardise et l'adaptation. Lorsqu'ils partent, les jeunes reçoivent l'argent qu'ils ont épargné au cours de leur formation et de différents petits boulots. S'ils n'ont aucune famille, l'association complète la somme nécessaire pour l'achat d'un terrain, ou construire leur maison ou démarrer leur commerce. En 10 mois, 15 "big boys" ont ainsi quitté l'association, l'un est tailleur, un autre travaille dans une boutique de climatisation, ou dans un magasin, ou dans une boulangerie, ou est livreur, etc.. Autant de vies bien installées, d'avenirs presque assurés... mais sur lesquels il faut tout de même garder un œil ! Un éducateur visite régulièrement les jeunes qui viennent de s'installer. La plupart sont vraiment fiers de leur réussite. Mais ils ont souvent du mal à s'adapter à la vie hors des foyers et aux nombreuses responsabilités auxquelles ils doivent faire face. Il y a un rôle important de soutien moral et de conseil à jouer. Une fois les difficultés dépassées, les anciens viennent donner des nouvelles aux pères directeurs de l'association et à leurs "petits frères" des foyers. Le jour de Noël est un grand moment de retrouvailles : tous les "big boys" accompagnés de femme et enfants se réunissent pour une fête de famille à Ashalayam." Quatre mois après son inauguration, la majorité des activités du foyer Ashna Nayan a été lancée. Sanjay, grand sourire et force tranquille, n'a pas besoin de plus que ses 17 ans pour former à la menuiserie les élèves de la section d'Asha Nayan. Après avoir vécu un an à la gare de Howra, il a intégré en 2001 la section menuiserie d'Ashalayam et maîtrise désormais suffisamment les techniques de base pour les enseigner. Sanjay se familiarise peu à peu avec le cahier de présence, le suivi de travail de chacun et la programmation du travail de la semaine grâce au suivi attentif de son ancien professeur. Les responsabilités ne font pas peur au jeune enseignant qui cumule par ailleurs les casquettes de président de l'Asha Youth Club et d'entraîneur assistant dans le club de rugby de l'association. Quatre jeunes filles de la section couture-tricot savent désormais fabriquer des vestes, des pantalons, des chaussettes. Arrivées au terme de leur formation, elles pourront continuer à travailler à leur compte sur les machines de l'atelier, en payant pour cela un petit loyer. Puis la machine leur appartiendra et elles auront ainsi atteint leur indépendance. Ashalayam annonce l'ouverture d'un grand foyer en plein centre de Calcutta. Une action thérapeutique a été initiée afin d'aider les enfants à résoudre leurs problèmes enfouis qui resurgissent à l'adolescence ou au moment de quitter Ashalayam. Pour ce faire, diverses activités (musique, yoga, karaté, ...) ont été mises en place et remportent un grand succès auprès des enfants. Les résultats obtenus encouragent Ashalayam à se doter d'une équipe de psychologues. De plus, l'intégration des jeunes dans la société s'avère très difficile. L'écart est grand entre les facilités de la vie à Ashalayam et les réalités extérieures. Les jeunes se découragent (patrons peu compréhensifs, salaires bas, etc.) et quittent leur travail. Les grands resteraient-ils trop longtemps à Ashalayam ? Faut-il relancer le système des studios loués en ville où les jeunes faisaient l'espérience de l'autonomie ? Une sensibilisation des patrons est en cours pour les encourager à prendre en stage les jeunes avant de les embaucher. Pour d'autres jeunes, le mieux serait la création de leur propre entreprise à partir d'un prêt. Ashalayam va proposer dans des ateliers un enseignement de base pour apprendre à tenir des comptes, à contacter une banque, etc..
Snehasadan
Bombay, Inde "Le passage à l'âge adulte est toujours un moment délicat, encore plus pour les filles que pour les garçons car la société indienne tolère mal que des femmes puissent mener une vie indépendante, et toutes les filles ne trouvent pas à 20 ans le mari idéal. Snehasadan a essayé de louer un studio pour y faire vivre trois jeunes filles qui avaient de bonnes situations : cette expérience a dû rapidement être interrompue car ce mode de vie était trop mal compris par leur entourage. Les "jeunes célibataires financièrement indépendantes" vont maintenant vivre dans des foyers de jeunes travailleuses, généralement créés et tenus par des religieuses."
Virlanie
Manille, Philippines Les Philippines doivent faire face à une misère chronique, plus grave encore en milieu rural. Une économie souterraine, dite "informelle", représente 30 à 40% du PIB. Le système d'éducation est calqué sur le système américain. Les frais de scolarité sont très élevés, même s'il existe quelques universités publiques. Seulement 2,4% des familles reçoivent des bourses pour l'accès aux études supérieures et 0,5% de ces familles sont issues de milieu pauvre. Il y a plus de 200 écoles de formation professionnelle aux Philippines dont 140 sont privées. Les autres sont gouvernementales et constituent une alternative à la formation universitaire, soit un cycle supérieur. Elles sont en lien étroit avec les entreprises et proposent un bureau de placement aux jeunes diplômés. Beaucoup d'ONG proposent des activités de développement personnel et l'enseignement de petites compétences (cuisine, informatique, couture, mécanique, menuiserie). De nombreuses initiatives sont de grande qualité mais, souvent, elles ne sont pas structurées en fonction d'un objectif global d'insertion sociale et professionnelle. L'analyse et l'évaluation de leurs résultats font défaut.
Nous avons constaté que les adolescents et jeunes adultes restent à la Fondation sans penser à préparer leur avenir. Les années ont créé une dépendance accentuée par plusieurs facteurs : la difficulté de trouver un emploi, des formations peu adaptées, le manque de compétence technique des jeunes, le peu d'occasions de rencontrer le monde extérieur, la difficulté d'assumer des responsabilités, et surtout le manque de motivation et le manque de confiance en soi. Ces comportements s'expliquent par leurs expériences passées parfois traumatisantes, la multiplicité des problèmes auxquels l'enfant est confronté, leur scolarité aléatoire, leur étiquette "enfant des rues". Jusqu'alors, Virlanie s'était concentrée sur la gestion de l'urgence et n'avait pas réellement réfléchi au départ des enfants. Pour le jeune lui-même, son séjour à la Fondation n'a pas une durée limitée. Après son départ de la Fondation, les contacts se font rares et il est difficile d'évaluer la réussite ou l'échec de sa réinsertion. C'est pourquoi Virlanie, avec le concours des Amis de Sœur Emmanuelle, a effectué un gros travail de réflexion et de mise en place d'un programme consacré à "l'envol" des jeunes de ses foyers. Diverses interventions, à travers des séminaires et des ateliers, sont organisées pour le développement de leur personnalité, l'éveil de leur intérêt et de motivations adaptées à leurs capacités, le choix d'une profession, son apprentissage et la recherche d'un emploi. Les éducateurs ont reçu une formation appropriée, des réseaux d'informations et de ressources ont été mis en place. De plus, un système de mises à jour nécessaires pour l'actualisation et la reconduction du programme a été établi. Ce programme concerne 55 jeunes de plus de 15 ans, il comprend trois volets et doit se dérouler sur une période de 4 ans.
- Des ateliers de développement personnel animés par un professionnel et un psychologue réunissent des groupes de 15 à 30 jeunes selon l'objet du thème à étudier (comment développer sa confiance en soi ?, la résolution de conflit, les relations amoureuses, le leadership, gérer le temps). Tous les jeunes participent à au moins un atelier dans l'année. Les ateliers permettent à chacun de s'exprimer, donnent des connaissances ou rappellent des principes ou des valeurs importantes. Tous mettent l'accent sur l'avenir sans Virlanie et l'importance de se fixer des objectifs à court et moyen terme. Ils permettent aux éducateurs de voir les jeunes dans un contexte différent et aux jeunes de rencontrer une personne extérieure à la Fondation. - Des rencontres entre deux groupes de 10 jeunes venant de différents centres sont organisées deux fois par semaine. Ces rencontres sont basées sur l'importance de l'échange, de la discussion, l'expression d'opinions personnelles. Elles visent à développer la curiosité, la confiance en soi, la prise d'initiative, le sens des responsabilités et du devoir, de l'engagement, le respect du groupe et le sens du collectif, les capacités d'expression personnelle. Les jeunes sont invités à se présenter, à explorer leurs goûts et leurs intérêts, à discuter sur des thèmes tels que l'amitié, le sport, à écrire des articles de journaux, à créer un jeu de société, à organiser une sortie, etc.. S'exprimer, parler de soi ne sont pas choses faciles, en revanche l'esprit de groupe et le sentiment d'appartenance se manifestent volontiers. - Des sorties éducatives et culturelles, permettant d'intéresser à un thème (l'histoire, l'art) de façon ludique, sont organisées et financées, parfois par les jeunes eux-mêmes. Elles développent le sens du collectif, l'ouverture d'esprit, le dépassement de soi et renforcent l'identité culturelle. - Un camp de 5 jours pour 50 jeunes (la quasi totalité des jeunes du programme) a été organisé par un groupe de 14 d'entre eux qui ont défini les règles du camp, de leur équipe, du partage des tâches collectives, la liste des objets à emporter, etc.. Une réunion préparatoire par équipe a déterminé le choix du nom de l'équipe, son cri de ralliement, la création de son journal, etc.. Le camp a été pour tous (l'encadrement aussi bien que les jeunes) l'événement fondateur du programme.
Deux séminaires ont été organisés (pour 15 participants à la fois, animés par des professionnels). Ils portaient sur les goûts et les intérêts de chacun et leurs liens avec le choix professionnel envisagé. Puis, les jeunes ont été amenés à comprendre qu'un choix professionnel ou d'études entraîne des interrogations sur le coût des études, les opportunités d'emploi, une implication physique ou émotionnelle, des capacités intellectuelles. Cela permet de détecter les choix professionnels des jeunes, de découvrir ceux qui n'ont pas d'idée ou qui en changent tous les deux mois, ou encore ceux qui imitent le voisin. Les intéressés s'aperçoivent qu'il ne suffit pas de dire "Je veux être infirmière ou instituteur", bien au contraire... - Des visites d'entreprises sont effectuées pour découvrir comment fonctionne une entreprise, des métiers, les règles d'un environnement de travail, les méthodes de recrutement. On a pu constater que les jeunes visitent les entreprises comme ils visiteraient un musée, pas du tout comme si, un jour, ils pourraient y travailler. Cependant, les témoignages des travailleurs les intéressent beaucoup. Parfois, s'ils ne savent pas ce qu'ils veulent faire, ils savent ce qu'ils ne veulent pas devenir. - Un conseil d'orientation individuel se met en place. Il a fallu commencer par rechercher quelles étaient les formations universitaires ou professionnelles possibles pour les jeunes, puis, élaborer pour eux et leurs éducateurs, un manuel des formations. - Les travaux d'été sont très encouragés bien que les jeunes soient très passifs à ce sujet. C'est une première expérience utile et cela prépare le jeune à la recherche d'un job : écrire un CV, préparer l'entretien d'embauche. Les éducateurs assurent un suivi du jeune pendant son job d'été. - Le temps partagé doit permettre à l'étudiant de financer une partie de ses études. Toutefois, il faut d'abord évaluer avec lui sa capacité à le faire sans nuire à ses études. - Il est important de veiller à ce que le jeune ne quitte pas le centre les premiers mois, sous prétexte qu'il gagne de l'argent. Ce serait beaucoup trop de responsabilités d'un coup.
- La plupart du temps, trouver un emploi se fait par relation. Il est important, par conséquent, de choisir des écoles professionnelles qui proposent un placement. Il faut aussi se construire un réseau de partenaires destiné au placement des jeunes pour des métiers tels que couture, électricité, coiffure, cuisine où il est très difficile de trouver un emploi. - Il est très important d'assurer un suivi des jeunes dans leur premier emploi pendant au moins 6 mois. L'aider à faire face aux difficultés peut éviter les échecs après un ou deux mois d'expérience. Le départ de la Fondation doit se faire par étapes : devant faire face à plusieurs responsabilités, sans compter la difficulté émotionnelle de vivre seul, le jeune a du mal à faire face aux contraintes de l'emploi et de la vie autonome. Les filles, par exemple, se réfugient souvent dans une relation sans avenir où elles pensent trouver une certaine sécurité. Mais cela se termine trop souvent par une maternité et une perte d'emploi. - Il est important d'évaluer le succès de l'insertion et donc, pour cela, rester en relation avec chaque jeune sorti. Cette relation peut prendre la forme d'un parrainage : un ancien parraine un des jeunes du programme et l'accompagne dans son projet de vie. Il est important, également, de conserver les informations sur ce que deviennent les anciens bénéficiaires.
"Nous avons lancé l'expérience "Apollo XV", puisqu'il y a 15 jeunes qui le forment. C'est un programme expérimental très spécial qui doit durer un an et qui permet d'accueillir des jeunes en graves difficultés, plus âgés que les autres, et parfois sortant de prison. Les jeunes gèrent leur vie, leurs achats, leur cuisine, tout... avec l'aide d'un éducateur."
La Belle Étoile
Cameroun "Cette année, une expérience a été tentée avec 3 garçons de 14 à 15 ans qui ont pu être mis en apprentissage : ils logent dans une chambre à 200 m de La Belle Étoile où ils peuvent venir chercher de l'eau, se laver, jouer au foot avec les autres et garder le contact avec les animateurs. Un petit budget est mis à leur disposition chaque semaine et un animateur les rencontre chaque semaine également."
Étude du Centre Carrefour
Kigali, Rwanda Le Centre Carrefour a effectué une étude sur la situation économique des anciens enfants des rues dont nous donnons ci-dessous des extraits. L'étude porte sur 200 jeunes. En tête de liste, 23 jeunes vivent de services occasionnels (lavage
de voitures, de tapis, chargement et déchargement de camions, etc.).
20 sont tailleurs et ont pour la plupart appris la couture dans des centres
qui leur ont cédé une machine remboursable par traites. 15 sont
menuisiers et fabriquent sur commande des tables, chaises, tabourets, bancs,
pupitres, etc.. Il y a aussi 6 aides mécaniciens, 12 réparateurs
de vélo, 10 soudeurs, 8 cultivateurs, 6 vendeurs ambulants, 5 coiffeurs,
4 militaires, 1 infirmière, etc.. Les différentes formations professionnelles dont ont bénéficié
les jeunes leur sont très utiles. Ils ont un métier et l'exercent,
ce qui leur permet de revenir dans une zone d'appartenance et de réaliser
une"réintégration symbolique". Quand on compare le montant des revenus mensuels des enfants qui ont fait l'objet de l'enquête avec ceux des agents de l'administration, on ne voit pas une grande différence. La seule différence réside dans la précarité du travail. Les métiers variés qu'ils exercent leur permettent de gagner leur vie, sans recourir à des moyens malhonnêtes. Leurs dépenses sont comparables à celles des personnes à faibles revenus vivant à Kigali et non pas à celles de marginaux. Ils donnent, en moyenne, 20% de leur revenu à leur famille qui est généralement très pauvre. La plupart des enquêtés, bien qu'ayant reçu une formation professionnelle, disent qu'ils sont chômeurs. Il paraît donc indispensable que les centres fassent une analyse du marché de l'emploi avant d'orienter les jeunes vers une profession. En plus de la formation, les centres doivent se préoccuper de l'insertion. Une idée à exploiter serait la création de pépinières de métiers. Les statistiques de l'enquête montrent que 26% des enfants sont très satisfaits de la formation et de la scolarisation qu'ils ont reçues. (...) Quand un centre accepte de prendre en charge l'inscription d'un enfant dans une école, il devrait s'assurer de la volonté réelle de l'enfant de s'instruire. Est-il possible de vérifier qu'il est motivé ? Et si le centre paye toutes les dépenses qui en découlent, quelle est la part des parents ? Une relation personnelle du centre avec l'enfant n'encourage-t-elle pas les parents à fuir leurs responsabilités ? Enfin, les enquêtés parlent du manque de relations après le sevrage. Il n'y a généralement pas de suivi pour savoir si le jeune s'est bien intégré socialement. Le suivi devrait permettre de vérifier si les formations correspondent aux métiers exercés et de penser éventuellement à un genre de formation mieux adaptée à la réalité. Le principe des projets devrait faire que les centres soient des lieux de préparation et d'animation de l'avenir de l'enfant, à partir de programmes adaptés aux besoins individuels des enfants, en vue de leur réinsertion dans la communauté, sans oublier la scolarisation pour ceux qui en sont capables. Les programmes ne doivent pas être nécessairement formels car la plupart de ces enfants ont dépassé le stade de formation formelle, ils ont surtout besoin d'une éducation pour s'intégrer pratiquement dans la communauté.
Refugios pana
Valencia, Venezuela "Nous pensons, par expérience, que l'intégration des jeunes dans le monde du travail est à double tranchant. Notre société, et surtout nos jeunes, font l'amalgame entre consommation et statut social. S'habiller avec des vêtements de marque est un symbole de pouvoir et, à travers eux, c'est une reconnaissance sociale qui est recherchée. Au point d'assassiner quelqu'un pour lui voler ses chaussures d'une marque très chère. Avant d'insérer ces jeunes dans le monde du travail, il faut leur inculquer des valeurs morales qui leur permettent de donner à l'argent sa vraie valeur. Nous avons eu l'opportunité de procurer à un jeune un emploi avec un contrat de courte durée. Il recevait un salaire lui permettant de satisfaire ses besoins personnels (achat d'un pantalon, d'une chemisette, etc.) mais très vite, il eut envie d'autres articles que son salaire ne lui permettait pas d'acheter. Il chercha d'autres moyens de se procurer de l'argent, comme celui de voler ses collègues de travail, puis de voler l'entreprise elle-même. Ce comportement l'a conduit à abandonner son travail et tout le processus de réinsertion. En revanche, un autre jeune qui était depuis longtemps dans notre foyer a pu être embauché dans une entreprise de maintenance. (...) Il s'est adapté à la discipline et à la hiérarchie, touchant son salaire tous les quinze jours, sans abandonner les autres activités de formation qu'il suivait habituellement. C'est pour nous une réussite."
Création de petites équipes de 3 à 5 jeunes placés sous la houlette d'un jeune plus âgé. Amar loue pour eux une petite maison. Cette allocation est dégressive en fonction des ressources qu'ils parviennent à réunir. Parmi les formations professionnelles citons celle de capuera, danse symbolique de la résistance des noirs. Les danseurs obtiennent dans des académies de danse des "grades" comme on judo. Les jeunes de la rue peuvent ainsi devenir moniteurs de capuera dans les écoles.
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