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ACTION CONTRE LA PROSTITUTION ENFANTINE - MADURAÏ, INDE Extraits du programme de Nanban concernant la prostitution enfantine - mars 2004. Le contexte local
En Inde, certaines études indiquent que plus de 50% des filles sont violées avant d'avoir 15 ans. En 1999, sur deux millions de travailleurs du sexe, 15% environ étaient des enfants. La prostitution enfantine est florissante, et les abus sexuels sur des petites filles à la maison ou par les personnes ayant autorité se sont répandus d'une manière inimaginable il y a encore quelques années. À ces violences s'ajoute un phénomène relativement nouveau. Des racketteurs "récupèrent" ce que l'on appelle "la nuit de noces", qui correspond au mariage arrangé traditionnel. En fait, la jeune fille est vendue 500 $ pour passer, enfermée à clé, plusieurs nuits avec un homme nettement plus âgé qu'elle. Une fois libérées, les filles finissent souvent dans la rue, car, ayant perdu leur virginité, elles ne valent plus rien pour leur famille. Une forte sécheresse autour de Maduraï a provoqué, depuis dix ans, un grand exode rural vers la ville. Cette population comprend un grand nombre d'enfants. Ils font des petits boulots comme cireurs de chaussures, ramasseurs de chiffons, recherchant de la nourriture dans tous les coins et recoins de la ville, travaillant comme serveurs, plongeurs, porteurs, ... Livrés à eux-mêmes, ils sont des proies faciles pour les gangs toujours prêts à contrôler de nouvelles recrues. Beaucoup d'enfants tombent ainsi dans le crime organisé, la prostitution, le vol à la tire ou à l'étalage, receleur, revendeur de drogue, mendicité, ... Les activités de Nanban
Aider psychologiquement et physiquement les enfants, leur fournir un soutien pédagogique en vue de leur réintégration dans le courant social, tels sont les buts de Nanban. Pour ce faire, Nanban a déjà mis en place une série d'activités à l'intention des enfants et des jeunes de la rue : des centres d'écoute et de soins dans la rue, des programmes d'alphabétisation, une ferme générant des revenus et formant des jeunes à l'agriculture et à l'élevage, un centre de formation à la soudure, à la fabrication de cahiers, à la couture et au batik, un centre de formation à la conduite pour chauffeur de rickshaw et un atelier de réparation mécanique, la mise en place de crédit et d'épargne pour les familles nécessiteuses, des clubs d'enfants "policiers" organisés pour dissuader les enfants de conduites à haut risque, un centre d'accueil pour les filles vivant dans la rue qui leur offre un abri, un soutien, des conseils et une éducation. ![]() En treize années d'expérience, Nanban a aidé 15 159 enfants, et s'est imposé en pionnier du service social aux yeux des autorités compétentes. Nanban gère sept foyers et un centre de formation pour garçons et filles. Il est le premier à Maduraï a avoir proposé aux filles des possibilités de formation. Nanban veut aussi promouvoir un mouvement qui, en catalysant le sens social et l'action politique, serait capable de remettre en question l'état de fait actuel qui conduit à l'abandon des enfants dans les rues. Le projet
Le projet est fondé sur l'expérience de Nanban en matière de lutte contre la prostitution, et sur l'implication des familles et de la communauté tout entière à tous les stades du programme. Les objectifs ne sont pas seulement la prévention de la prostitution ou des viols, mais aussi la volonté de convaincre la communauté de "récupérer" les enfants qui en ont été l'objet. Nous croyons qu'il est fondamental que la communauté se sente responsable des abus sexuels quels qu'ils soient, et qu'elle prenne soin des victimes au lieu de les marginaliser ou de les traiter comme des malades. Les femmes ont donc été invitées à former de petits groupes appelés "Kalasam", à travers lesquels elles trouvent des activités génératrices de revenus. Mais surtout, ces groupes, par leur influence, peuvent améliorer les comportements de leurs proches (éducation des enfants, hygiène, sobriété des hommes). Ils constituent aussi de précieux indicateurs pour les éducateurs qui recueillent ainsi en direct des informations sur l'exploitation des enfants, la drogue ou les violences sexuelles.
Les bénéficiaires sont les jeunes filles de 10 à 18 ans qui ont été poussées dans la prostitution, les jeunes enfants à risques, et les femmes seules chargées de famille vivant dans la pauvreté.
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