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LEURS PROBLÈMES

On imagine mal la souffrance de ces enfants, souvent petits (huit à douze ans), trop jeunes pour travailler, affamés, battus, incarcérés (parfois avec des adultes) à la suite de petits délits.
Ils sont victimes de maladies infectieuses ou de la toxicomanie. Le taux de mortalité est très élevé.

Surtout, ils sont seuls. Preuve horrible de cette solitude : quatre enfants de douze ans ont enterré un enfant de dix ans sans l'aide d'un adulte.
Sauver ces enfants, c'est les aider à résoudre leurs problèmes en commençant par les plus criants et les plus urgents mais cela n'est pas suffisant. Il faut continuer à les aider mais il faut aussi essayer de résoudre les problèmes de fond.

* Problèmes immédiats réclamant une action urgente
* Problèmes de fond


Problèmes immédiats réclamant une action urgente
  • La faim.

Même s'il est difficile pour un enfant des rues de trouver de quoi manger, ce n'est peut-être pas son problème numéro un, car la solidarité est grande parmi eux.
Par contre l'enfant mourra de malnutrition, de scorbut ou de béribéri, préférant s'acheter une glace plutôt que de la nourriture.

  • La saleté.

L'enfant des rues s'en plaint toujours. Il a du mal à trouver un endroit où il puisse se laver ou laver ses vêtements. Cela explique pourquoi il est infesté par les poux et la gale.
Un simple robinet et un endroit où on ne lui vole pas les habits qu'il vient de laver seraient déjà très utiles pour lui.

  • La maladie.

Lorsque l'enfant tombe malade, qui se soucie de lui ? Où peut-il se faire soigner ? Sans compter, et c'est peut-être le plus important, la prise en charge de ses blessures psychologiques.

  • La solitude.

C'est certainement le plus grand des problèmes de ces enfants. Eux qui n'ont plus de parents, aimeraient pouvoir parler avec un adulte, ne pas être constamment rejetés avec indifférence. Tout homme a besoin d'être aimé, a fortiori les enfants, les enfants des rues.

  • La délinquance.

Ce manque d'amour amènera, souvent mais pas toujours, les enfants des rues à être victimes de toutes sortes de déviances (vol, drogue, prostitution). Avant d'être des délinquants ils sont avant tout des victimes.

  • Les violences.

Les enfants des rues sont les victimes privilégiées de toutes les formes de violences. Le sadisme des fous, les viols des obsédés beaucoup plus nombreux que l'on croit. Les meurtres d'enfants, les vengeances des commerçants, les violences de la police ou des escadrons de la mort...

  • Le racket et le proxénétisme.

L'enfant des rues est constamment victime de racket, il ne voudrait pas perdre l'argent qu'il a souvent eu du mal à gagner. Mais où peut-il mettre son argent en sécurité ?

Cette insécurité fait que :
- soit l'enfant des rues a très peur, il est terrorisé, surtout la nuit
- soit il ne craint plus rien et reste indifférent aux agressions même les plus horribles, il n'a plus peur de la mort ; il devient violent ou meurt d'un accident par inconscience du danger

Le besoin d'un havre de sécurité
est fondamental pour l'enfant des rues.

Tous ces problèmes immédiats, très simples finalement, pourraient souvent être résolus par
un petit DORTOIR - LIEU D'ÉCOUTE - REFUGE D'URGENCE.

Tout en répondant à ces besoins essentiels, ce lieu permettrait
en même temps d'apprivoiser les enfants afin de mieux les connaître.


Problèmes de fond

Mais le "dortoir - centre d'écoute" ne résout pas les questions de fond beaucoup plus importantes que sont :

  • L'analphabétisme.

Pratiquement toujours, la première demande d'un enfant des rues, est : "Je veux apprendre à lire." Il est bien conscient que l'enseignement est la clef de tout.

  • Le manque de perspectives d'avenir.

Plus tard, l'enfant aura besoin de trouver un travail stable, un équilibre familial. Il sait que si on ne l'aide pas son avenir est bouché.

  • L'absence de formation professionelle.

Le désir profond de tout enfant des rues est d'acquérir une formation professionnelle sérieuse.

  • La marginalité.

L'enfant des rues est perçu comme un marginal, il a besoin d'être réinséré dans la société, d'apprendre à vivre comme les autres personnes du quartier, de reconnaître les notions de bien ou de mal de la société où il est appelé à vivre, en un mot d'être éduqué.

  • Le manque d'affection.

Même s'il ne l'exprime pas explicitement, c'est finalement le premier problème de tout enfant des rues. C'est pour cela que tout doit être fait pour retrouver quelqu'un qui l'aime.

En un mot, l'ENFANT DES RUES,
comme tous les enfants du monde,
A BESOIN D'UNE FAMILLE.

On doit tout faire pour le réinsérer dans sa famille.

Si c'est impossible, une partie de ses problèmes de fond
pourrait être résolue par un foyer de type familial
où l'enfant viendrait volontairement.

Mise à jour le 29 avril 2006